Rebondir après un burn-out

Burn-out – témoignage un an après : à la recherche du plaisir et du sens

J’entame aujourd’hui une série d’articles / témoignage sur mon burn-out avec trois ans de recul sur cette période. J’ai le sentiment qu’un cycle se termine, et je trouvais intéressant de me retourner sur le chemin parcouru depuis. Le regard que je pose sur les trois années qui viennent de s’écouler est, tour à tour, ému, fier, plein de compassion ou encore parfois un peu découragé de tout le chemin qu’il me reste à parcourir. J’ai eu envie de reprendre la plume pour vous embarquer avec moi dans cette traversée de trois années post burn-out où s’entremêlent souvenirs encore vivaces et prises de recul. En route !  

Cet article fait partie d’une série où je témoigne de mon burn-out lorsque c’est arrivé, puis un an, deux ans et trois ans après.

Un an après : que reste t’il de mon burn-out ?

L’année 2020 restera une année étrange et suspendue pour beaucoup, et je n’y fais pas exception. Un an après mon burn-out, je continue à en disséquer les différentes facettes dans des articles écrits et désormais dans un podcast. Je prends énormément de plaisir à créer ces contenus et je tente d’utiliser, pour la première fois de ma vie, cette sensation de plaisir comme boussole dans ma vie. Vous êtes nombreux à m’écrire pour me dire que mes mots résonnent avec votre vécu. Nous échangeons, et ces liens me réparent. On se sent si seul pendant les nuits d’insomnies et les crises d’angoisse. Savoir, lire, entendre qu’on est si nombreux à l’avoir traversé me réconforte autant que ça m’inquiète. Le monde du travail ne semble plus tout à fait tourner rond… 

S’offrir du temps

Grâce à une rupture conventionnelle, je me fais le plus beau cadeau que je pouvais m’offrir : du temps. J’entame mes réflexions pour la suite avec le programme Chance, environ 8 mois après mon burn-out, et j’y rencontre une coach hors norme : Chrystelle. Elle est tout ce que je ne suis pas, nous pensons d’ailleurs toutes les deux à une erreur de “matching” lorsque nous nous rencontrons. Mais c’est assurément une heureuse erreur ! Chrystelle n’a jamais travaillé en entreprise et fait valser avec une aisance déconcertante mes croyances et mes peurs à propos de “ma carrière”. Je réalise en travaillant avec elle que je peux m’autoriser à voir ma vie professionnelle comme un grand terrain de jeu à explorer.

Dans cette exploration, je commence à me sentir libre pour la première fois, libre de tester, de me planter. J’attribue ce sentiment au fait d’être descendue aux enfers. Je sais que rien ne pourra être pire que la disparition du goût de la vie, alors pourquoi ne pas tenter après tout ? 

Raconter mon histoire

Je crée un compte Instagram où je raconte mon cheminement et partage mes rencontres autour du burn-out. Très attachée à l’authenticité, je m’y livre sans filtre. C’est la période où je mets des mots sur ce qui m’a poussé dans le précipice de la dépression. La compétition, la combativité, l’énergie surinvestie dans des projets qui ne me font pas vibrer pour plaire aux autres. A l’opposé de tous les éléments constitutifs de qui je suis depuis plus de 30 ans, je partage sur Instagram des contenus très doux dont j’ai envie de faire ma nouvelle réalité. J’y montre un visage d’apaisement et je réaliserai bien plus tard qu’il n’est qu’un nouveau masque, qui me paraît tellement plus séduisant que celui de la guerrière que j’étais. J’ai encore une vision très manichéenne du monde, je ne veux plus du noir qui m’a broyée, je n’aspire qu’au blanc, pur et sans subtilité. Je n’ai pas encore compris que c’est la nuance qui fait la beauté du vivant. 

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Un témoignage qui fait tout basculer un an après mon burn-out

Un an après mon burn-out, on me propose de raconter mon parcours dans une vidéo de témoignage pour Les Déviations. Quelques mois auparavant, j’ai été bouleversée par la vidéo sur ce média d’une femme devenue sage-femme après une carrière chez L’Oréal. Je me sens irrésistiblement appelée à répondre “oui” à cette proposition. Le 11 décembre 2020, dans l’intimité d’un appartement parisien, je pose pour la première fois devant une caméra des mots sur ce que j’ai traversé un an plus tôt. Les phrases sont hésitantes, l’émotion palpable. Je n’ai encore que peu de recul sur ma tempête. Je réalise aujourd’hui que ce que j’en dis alors est très certainement maladroit et incomplet. Mais j’ai l’impression ce jour là de partager quelque chose d’utile au monde. D’apporter ma petite pierre à l’édifice de la libération de la parole, et je le vis comme un acte de guérison dans mon cœur.

Quinze jours plus tard, la vidéo est diffusée très largement, et c’est la déferlante de réactions. Beaucoup sont positives, nombreux sont ceux qui ont perçu la magie de ce moment et le courage qu’il m’a fallu pour le déposer. Certains autres y trouvent à redire, car je suis trop privilégiée pour souffrir vraiment à leurs yeux. J’ai conscience que c’est une chance de pouvoir quitter un travail qui nous rend malheureux. Mais je me dis que c’est aussi un devoir de le faire si la vie nous en offre la possibilité. Je sais pour l’avoir vécu qu’avoir un mari aimant ou un toit sur ma tête n’a pas empếchée ma santé de se détériorer, mais cela m’a assurément aidé à m’en sortir, et je comprends leur colère. Pourtant, elle me vrille l’estomac et me donne envie d’arrêter de m’exposer. 

Ce qui va tout changer…

Mais deux éléments vont venir changer le cours des choses. 

Tout d’abord les retours de tous ceux qui, découvrant le blog et le podcast, y ont vu un phare dans la nuit noire de leur propre épuisement. Ils me déposent leurs histoires, si singulières chaque fois que je comprends que mon partage d’expérience ne suffira pas à leur apporter l’aide qu’ils me demandent. Je choisis de me former au coaching, accompagnement qui m’a tant aidé, pour acquérir les outils et postures d’un accompagnant. Une part de moi sait déjà que je ne vais pas m’établir en tant que coach à temps plein après la formation. Je suis peu à l’aise avec ce terme à la mode, et révulsée à l’idée de demander de l’argent à des personnes aussi en détresse que j’ai pu l’être. Mais je sens que cette formation va me plaire, que je vais apprendre, que la boussole du plaisir m’appelle. Je m’inscris donc à une formation qui durera environ un an. 

L’autre bouleversement de cette fin d’année, c’est la découverte le matin de Noël que depuis le 11 décembre (jour de l’enregistrement de mon témoignage !) une minuscule petite fille en devenir s’est nichée en moi. J’y vois un signe de guérison de mon corps, qui enfin s’apaise d’avoir créé la vie. Je ne comprendrai que plus tard à quel point la maternité demande au corps de tout donner, de son sang, de sa sueur, de son lait. Et combien cette année de guérison aura été salvatrice pour mon vaillant corps avant de devoir porter une vie.

 

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