Rebondir après un burn-out

Burn-out : quelle durée pour en sortir ?

“ Quelle durée pour sortir du burn-out ? Et comment se relever ? “ 

Ce sont des questions qui brûlent les lèvres de tous ceux qui sont passés par là.  

La réponse est, comme souvent dans la vie, plus complexe qu’on ne le souhaiterait. Le temps nécessaire pour se relever dépend de nombreux facteurs, notamment de la profondeur de l’état de mal-être et du temps pendant lequel on a lutté contre le burn-out. Mon expérience personnelle m’a conduite à deux constats : 

  • La “guérison” du burn-out est un temps long, qui se compte en mois. 
  • On ne peut retrouver l’épanouissement après un burn-out qu’en acceptant de se questionner, sur le fond…et sur la forme.

Je partage ici des conseils tirés de mon expérience personnelle et de nombreux échanges avec des personnes touchées par le burn-out. Alors face au burn-out, quelle durée pour s’en sortir ?

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DU TEMPS POUR SOI

Prendre soin de soi est la première étape indispensable après un burn-out. Un arrêt de travail permet souvent de récupérer un peu d’énergie assez rapidement. Mais il ne faudrait pas trop vite en conclure que tout est arrangé, et se remettre à courir dans tous les sens. C’est une erreur que j’ai bien failli commettre, et qui explique de nombreuses rechutes

Donner la priorité au repos et au plaisir, c’est accepter de revoir toute son échelle de valeur. Surtout quand on est un perfectionniste en recherche perpétuelle d’efficacité. (Et, spoiler alert : le burn-out adore venir frapper à la porte des perfectionnistes en recherche perpétuelle d’efficacité). Le corps a épuisé ses réserves pendant des mois voire des années et il a un besoin vital de repos. Cela passe par beaucoup de sommeil, mais aussi par des temps remplis de “rien”. De la méditation de pleine conscience, cohérence cardiaque, contemplation, lecture, balade dans la nature ou sur les quais de seine,… Autant d’activités qui n’ont pas d’autre but que d’offrir une respiration au corps et à l’esprit, en étant simplement présent, ici et maintenant.

J’ai également pour ma part trouvé beaucoup de joie en recommençant à pratiquer des activités auxquelles j’avais renoncé faute de temps. Dans mon cas, le yoga, la chorale et les cours de céramique m’ont offert de jolis moments d’évasion mentale. Pour d’autre c’est la natation ou le théâtre, à chacun de trouver ce qui lui fait envie. 

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Photo by Syh on Unsplash

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UN ACCOMPAGNEMENT NÉCESSAIRE POUR SORTIR DU BURN-OUT

Le burn-out ne passe pas “tout seul” en restant sur son canapé. On a besoin d’aide, et il faut oser aller la chercher. 

Un médecin peut vous sauver la vie

Lorsqu’on sent que la situation échappe à notre contrôle, il est très important de voir tout d’abord un médecin. Dans mon histoire, c’est lui qui a su poser des mots sur ce que je vivais et m’a fait comprendre que l’arrêt de travail était la seule solution. C’est très difficile à encaisser, j’avais mille excuses qui me venaient à l’esprit : 

“Vous ne comprenez pas, j’ai plein de choses à faire, on compte sur moi”

“ Je ne pourrai jamais revenir si vous m’arrêtez, j’aurai trop honte” 

“ C’est bon je peux encore tenir, les vacances approchent” 

Pourtant, c’est parfois vital de s’arrêter. Ressortir de chez le médecin avec un arrêt maladie d’un mois a été un signal fort sur la gravité de mon état. Pour moi tout d’abord, puisque j’ai dû accepter que mes dossiers allaient m’échapper et que les gens allaient être au courant. Mais cela m’a permis de me concentrer pleinement sur ma guérison (une fois la montée d’angoisse passée…). Pour l’employeur également, recevoir un arrêt de plusieurs semaines enclenche de nécessaires réflexions sur les mesures à envisager pour changer la situation.

Psychologue et coach, deux atouts pour se remettre d’un burn-out

Après avoir retrouvé un peu d’énergie vitale, grâce à l’arrêt maladie et à un traitement de fond, j’ai trouvé utile de voir une psychologue. Experte des problématiques liées au monde professionnel, elle a su m’écouter et m’aider à comprendre les fonctionnements qui m’avaient amenée au burn-out et à trouver de nouveaux principes à mettre en place dans ma vie pour aller bien.

Enfin, au bout de plusieurs mois, lorsque je me suis sentie prête à reprendre un travail, j’ai entamé une démarche avec une coach pour m’aider à élaborer ma future vie professionnelle. Ce n’est pas toujours simple, mais j’insiste sur la nécessité d’attendre pour enclencher cette étape. En effet, elle peut être source de stress si c’est une décision prématurée. C’est d’ailleurs un écueil que je n’ai pas évité, et j’ai eu la chance d’avoir une coach bienveillante qui m’a permis de réaliser qu’il était encore trop tôt. 

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REPRENDRE SON POSTE OU CHANGER DE VOIE ? 

Du réajustement dans son poste à la reconversion professionnelle : toutes les options sont possibles après un burn-out. Souvent au départ, on ne pense qu’à une chose, dictée par le cerveau reptilien : fuir. Fuir ce métier, cette entreprise, cet environnement. C’est un réflexe normal, mais qui mérite d’être creusé pour s’assurer qu’on prend la bonne décision

C’est donc souvent le premier pas après un burn-out, instinctif autant que nécessaire, on questionne le fond :

Est ce que mon métier me plaît encore ?

Est ce que mon environnement de travail me plaît encore ? 

Autant de questions qui permettent de doser le réajustement, quoiqu’il arrive nécessaire, que l’on va introduire par la suite. Si l’on reste dans son entreprise, cela passera par exemple par un aménagement de ses horaires, du télétravail, l’intégration d’une activité extra-professionnelle dans le quotidien, voire un changement de poste

Parfois, et c’est mon cas, l’introspection amène à un changement encore plus en profondeur, avec une reconversion envisagée. Là aussi, c’est un processus passionnant mais qui prend du temps et qui requiert un accompagnement

Néanmoins, une fois qu’on s’est interrogé sur son contexte, sur le fond de ce qui occupe nos journées, il reste un bout de chemin à parcourir. Ce chemin est hardu et long. Mais l’expérience m’a appris combien il est important pour ne pas retomber dans la gueule du loup

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SE REMETTRE EN QUESTION : LA PARTIE IMMERGÉE DE L’ICEBERG

Je veux parler ici de la douloureuse mais nécessaire remise en question personnelle. Car si l’environnement de travail a joué un rôle de déclencheur dans le burn-out, je ne pense pas qu’on puisse en sortir sans accepter qu’il y a aussi des choses à travailler sur soi en profondeur.

Vient alors le temps du questionnement sur la forme :

Comment est ce que je fais les choses ?

Est ce que cela respecte mon écologie intérieure ?

Quelles leçons puis je tirer de cette expérience sur ma façon d’être ?

Quelles sont les nouvelles limites que je souhaite me fixer, les comportements que je ne veux plus adopter ? 

Il est plus facile de changer de poste ou d’entreprise que de façon d’être et de faire. Mais c’est aussi la meilleure garantie de ne pas replonger dans le burn-out.

“La définition de la folie, c’est de refaire toujours la même chose et d’espérer des résultats différents”

Albert Einstein

Quelle que soit la direction qu’on décide de donner à sa vie, je crois profondément qu’on ne redevient jamais vraiment le même après un burn-out. Nos repères, nos fonctionnements et notre système de valeurs ont changé. Et on se doit de l’accepter et de l’assumer auprès des autres pour se protéger d’une éventuelle rechute

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Photo by Jeremy Zero on Unsplash

En ce qui me concerne, des mois plus tard, la fatigue et les doutes me submergent encore parfois, signe que la cicatrice du burn-out est encore fraîche. Mais je sais déjà que je ne la regrette pas. Elle est devenue mon garde-fou, qui me rappelle, avec une intensité stupéfiante, les nouvelles limites que je me suis fixées après mon burn-out lorsque mes anciens réflexes reviennent encore parfois au galop.

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20 thoughts on “Burn-out : quelle durée pour en sortir ?”

  1. Merci pour ce témoignage sur un sujet qu’on ne peut vraiment comprendre qu’une fois traversé l’épreuve. Merci surtout pour montrer qu’il faut y croire et que même si cela n’est jamais simple il y a des motifs d’espoir

    1. Merci Nicolas, j’aime beaucoup le mot “espoir” en effet. Je reviens de loin et je peux en témoigner : il y a toujours une petite lueur à l’horizon. Je te souhaite un bon weekend !

  2. Je partage entièrement le fait que nous nous remettons jamais d’un burn-out … nous apprenons à vivre avec et à en tirer une leçon de Vie.

    1. Et parfois la leçon est plutôt belle, n’est ce pas ? 🙂 C’est dur, mais on ne regrette pas de l’avoir vécu.

  3. Merci pour la sincérité de ton article. Je suis touchée car je rencontre de plus en plus de personnes qui traversent le burn-out. Le temps est effectivement à géométrie variable selon les ressources de chacun, et la limite qui a été celle de la personne.
    En tout cas ton site est d’utilité publique !

    1. Merci Carole, c’est un très beau compliment que tu me fais car c’est exactement pour cela que ce site existe : pour aider ceux qui passent par là à mieux vivre l’épreuve. Bonne continuation !

  4. Bonjour Laura,
    Merci pour cet article très intéressant et qui peut parler à beaucoup de personnes. Je suis tout à fait d’accord sur la nécessité d’être bien entouré pour bien vivre l’après. J’ai moi aussi vécu un burn out, c’était en 2019 et je dois avouer que je trouve que c’est la meilleure chose qui me soit arrivée.
    Bien entendu ce fut vraiment très dur sur le moment d’être clouée au lit pendant plus d’un mois et demi et de ne littéralement rien pouvoir faire.
    Et pourtant, en même temps j’ai appris à développer plus de gratitude pour une multitude de choses que je prenais pour acquises, ne serait-ce que la simple joie d’être en vie, de manger tous les jours…
    De plus, cela m’a forcé à prendre du recul sur ma vie et essayer de lui donner plus de sens. Un an après le burn-out je créais mon blog. Cette nouvelle activité est très épanouissante car elle me permet d’aider les autres.
    Je pense donc que le mental et la pensée positive sont essentiels pour bien se relever après un burn out et considérer cela comme un cadeau pour devenir meilleur, plutôt que comme un échec/faute de parcours.
    Je te souhaite une belle continuation

    1. Bonjour Nathalie, bravo pour ce changement de vie, je sais combien c’est difficile de se relever et d’avancer, surtout en si peu de temps. Alors tu peux être fière de toi 🙂

  5. Bonjour Laura,

    Je suis psychanalyste et coach et à ce titre ton article m’a beaucoup intéressé.
    Le burn-out est un problème tout à fait d’actualité et qui doit être pris en charge le plus rapidement possible.
    Belle continuation !
    Michèle

    1. Bonjour Michèle, merci pour ce compliment, qui a d’autant plus de valeur à mes yeux qu’il vient d’une “pro” 🙂 A bientôt !

  6. Merci Laura pour cet article très utile.
    Oui je suis 100% d’accord avec toi la psychothérapie et le coaching sont très complémentaires pour remonter la pente du burn out. Le premier pour soigner ses blessures présentes et passées, le second pour se mettre en mouvement et construire ce nouvel avenir dans lequel on est plus épanoui.

    1. Merci Astrid ! Ton travail est une belle source d’inspiration pour moi, je suis fière que tu passes une petite tête par ici 🙂

  7. Bonjour Laura,
    Ayant moi aussi fait un burn- out l’année dernière je suis tout à fait d’accord avec ta façon d’approcher le sujet. La remise en cause est absolument nécessaire pour repartir sur de bonnes bases.
    J’ai fait beaucoup de changements depuis et je m’en porte d’autant mieux!
    Emilie

  8. Merci Laura pour ce bel article. Je me suis beaucoup intéressée au burn-out parental afin d’accompagner les parents qui en ont besoin et je te rejoins sur l’ensemble des points évoqués.

    1. Hello Valentine, merci pour ton commentaire. Effectivement j’ai entendu parler du burn-out parental, je ne connais pas bien le sujet car je n’ai pas d’enfant mais j’imagine combien c’est difficile aussi. Sans doute un aspect du sujet burn-out que je traiterai un jour ici, on pourra en reparler !

  9. Merci pour ce bel article, précieux par ton témoignage ! Je crois qu’il ne faut en effet pas sous-estimer le temps nécessaire pour se remettre… Et comme tu l’indiques, il est fréquent ensuite d’avoir envie de changer de vie, au moins au niveau professionnel. Là aussi, je pense qu’il faut avoir en tête qu’il vaut mieux bien prendre le temps de la réflexion pour identifier une solution qui convienne vraiment. Une année sabbatique peut alors être une option très intéressante pour s’y préparer.

    1. Merci Alex ! Je crois qu’on est bien en phase : ça prend du temps de se reconstruire…et de changer de vie 🙂

  10. Bravo pour ce bel article, qui doit parler à de nombreuses personnes.
    Moi le premier, puisqu’après quelques années compliquées, j’ai pris le temps de m’arrêter (4 mois) pour mieux rebondir ensuite (une expatriation en famille^^). Parfois on attend un déclic (qui peut être brutal), très souvent on l’a sous le nez ou dans sont “fort intérieur” comme tu le précisais à juste titre. Et en prenant du recul, ça apparaît comme une évidence. 😉 Il est difficile de se battre contre soit même et l’environnement social et professionnel qui nous cloisonne petit à petit, mais c’est tellement bénéfique.

    Merci pour cette réflexion pertinente en tout cas! 🙂

    Au plaisir.

    1. Bravo Steve pour ton chemin, changer de vie et s’expatrier ça fait rêver mais ce n’est pas simple, surtout après une période difficile. En tout cas, lire que ça t’apparait comme une évidence après coup me fait très plaisir, c’est exactement mon objectif ! 🙂

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